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Prolongement du mandat des commissions des œuvres sociales

Le niet des syndicats

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le 12.06.18 | 12h00 Réagissez

Le mandat des commissions de gestion des fonds des œuvres sociales de l’éducation nationale est arrivé à terme le 15 mai dernier.

Le ministère de tutelle n’a pas organisé d'élection pour le renouvellement des membres de la commission nationale et des commissions de wilaya. Lors d’une réunion organisée jeudi dernier avec les syndicats de son secteur, la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit, a proposé une alternative : prolonger d’une année le mandat des commissions dont le mandat court depuis trois ans (2015-2018).

Il n’y a pas eu d’entente entre les syndicats. Si le FNTE, affilié à l’UGTA, est contre le prolongement du mandat des membres des commissions, le Syndicat autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation (Satef), le Conseil des enseignants des lycées d’Algérie (CELA) proposent carrément leur gel jusqu’aux prochaines élections. «Nous sommes pour que le travail des commissions soit gelé le temps d’organiser des élections démocratiques.

Entre-temps, la gestion des œuvres sociales devra être confiée à une commission qui s’occupera des affaires courantes mais sans pouvoir délibératif», suggère le président du Satef, Boualem Amoura.

Le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l'éducation (Cnapeste), le plus représenté avec l’Unpef dans les commissions, s’est prononcé pour le prolongement du mandat des commissions «à condition que le délai n'aille pas au-delà du premier trimestre de l’année scolaire (2018-2019) et que la décision ne vise pas à modifier le mode de fonctionnement de ces organismes», modère le porte-parole de ce syndicat, Messaoud Boudiba.  

«Gestion opaque»    

Installée depuis trois ans, la commission chargée de la révision de la gestion des œuvres sociales n’a pas rendu ses conclusions faute d’entente entre les différents syndicats. Des syndicats ont en effet dénoncé la «gestion opaque» des fonds du secteur. «Il y a une dilapidation des fonds qui atteint des milliers de milliards de centimes.

Le bilan moral et financier n’est pas rendu public trois ans après l’installation de cette commission. Le seul bilan qui nous a été communiqué était celui de la période 2012-2015, et ce, sous la menace de madame la ministre», s’offusque Boualem Amoura.

Le CELA, qui a boycotté la commission, est aussi critique vis-à-vis d’une gestion «maffieuse et non transparente» des fonds, qui bénéficient à une certaine clientèle.

«Ce sont quelques clients, toujours les mêmes, qui bénéficient de omra, de crédits véhicules et de camps de vacances», dénonce le porte-parole du CELA, qui se reprend en expliquant qu’il arrive que les travailleurs en bénéficient lors de leur départs à la retraite, mais «la prime de 25 ou 30 millions est insuffisante comparativement à celle des autres secteurs, qui est de 130, 150 millions».

Le porte-parole du Cnapeste, M. Boudiba, estime que les fonds gérés par les commissions «ne sont pas importants» contrairement aux allégations de ses collègues : «Ce sont juste 2% de la masse salariale  du secteur, qui compte le plus important effectif de la Fonction publique, presque 800 000. En les distribuant sur les wilayas, ces chiffres ne sont pas importants.»  

S’agissant des décrets 82-303 et 82-179 relatifs au fonctionnement du fonds, dont la révision est réclamée par des syndicats de l’éducation, le porte-parole du Cnapeste estime que ces textes «sont les meilleurs pour le moment pour gérer les oeuvres sociales». «Pour y toucher, il sera primordial de réviser d’autres décrets régissant le secteur. Dans ce cas précis, il est nécessaire de renforcer le contrôle sur le travail des commissions», estime-t-il.  

Nouria Benghabrit, qui cherche «un consensus» sur sa proposition du prolongement des mandats des commissions, a décidé de convier ses partenaires à une réunion, cette semaine, ont annoncé les syndicalistes.    

Refonte du Baccalauréat

Les propositions soumises prochainement au conseil des ministres

La commission mixte chargée de la refonte du baccalauréat se réunira cette semaine, à l’invitation de la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit. Objectif : rediscuter des propositions soumises par les syndicats. «La ministre est d’accord pour soumettre nos propositions au Conseil des ministre avant fin juin pour pouvoir appliquer la réforme à partir de l’année scolaire prochaine», a annoncé le président du Satef, Boualem Amoura, qui a assisté à la réunion de jeudi, au cours de laquelle a été abordée la réforme de l’examen.

Les propositions sur lesquelles se sont entendu les partenaires sociaux depuis au moins deux ans concernent l’organisation de l’examen en deux parties, la prise en charge des fiches de synthèse (2e As et/ou 3e AS) et un examen en deux sessions. Idir Achour, porte-parole du CELA, explique que la ministre a proposé de «rediscuter» les propositions qui seront soumises au Conseil des ministres et ainsi annoncer la réforme à partir de septembre. Le syndicaliste s’est dit «réticent» puisque le CELA plaide pour une «réforme globale» de l’ensemble du secteur de l’éducation et non seulement d’un examen.                                            N. Id.
 

Nadir Iddir
 
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