Chroniques Repères éco
 

Allons-nous vers une autre crise mondiale ?

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 16.04.18 | 12h00 Réagissez


La première chose qu’un citoyen moyen doit comprendre est qu’il est tout à fait normal qu’une économie ait des hauts et des bas.

L’ économie de marché est par définition cyclique. Elle passe par des situations désirables, avec très peu de chômage et une production très proche du potentiel disponible. Aussitôt, elle verse dans des récessions c’est-à-dire une baisse de l’activité, un ralentissement de la croissance et une montée du chômage.

Si la récession est grave et prolongée, on entre alors dans une phase de dépression (nous allons éviter les définitions précises qui sont techniques). L’ économie est donc comme un corps humain. On est souvent en bonne santé, mais de temps à autre on a des petits pépins (grippe) ou des choses graves (HTA ou autres). Mais il est rare de trouver une personne tout le temps en bonne santé. Il n’ est donc pas inhabituel de trouver des économies en crise.

Mais voilà que les crises deviennent de plus en plus fréquentes. Nous n’avons pas complètement digéré la crise des subprimes de 2007, que voilà-on risque d’avoir une nouvelle, dont les conséquences vont se superposer à celles de la première. Les pays les plus vulnérables vont subir leur lot de séquelles des deux déséquilibres en même temps.

Par exemple, notre pays n’a pas encore digéré les conséquences de la première crise. Le fameux super plan de relance, qui devait encore consacrer le développement des infrastructures est encore à l’arrêt (autoroute et rail des Hauts-Plateaux, etc.). Les pouvoirs publics ont eu raison de mettre un holà sur ce gigantesque plan et de pratiquer un minimum de rigueur.

Bien sûr qu’il fallait faire les choses d’une toute autre manière. Mais c’était juste pour montrer que les séquelles de la première crise sont encore avec nous et que nous n’avons pas encore terminé avec l’ajustement au premier contre-choc pétrolier. Et voilà que très probablement dans les prochaines années nous allons affronter encore un autre déséquilibre planétaire.

Les prémices sont Là

Les prévisions économiques, comme météorologiques, sont souvent probables, mais contiennent toujours des degrés d’incertitude. On ne peut prétendre à une infaillibilité dans ces domaines. Mais lorsqu’un faisceau d’indicateurs pointe vers une situation très probable de crise, la probabilité de son occurrence va être élevée. Cependant, il faut se rappeler que les grands centres de prospective ont presque tous raté leurs prévisions pour la crise des subprimes. Seuls quelques auteurs, dont certains prédisent des crises depuis trente ans, peuvent se targuer d’avoir vu venir la crise des subprimes. La crise de 1929 n’a pas été correctement prévue non plus.

Nous pouvons constater que les crises de moyenne ampleur sont souvent prévues correctement, mais les crises de grande ampleur sont rarement anticipées.

Il n’en demeure pas moins que la première indication concerne les sentiments des analystes mondiaux. La vaste majorité considère que nous sommes à la veille d’une autre crise aussi grave que celle des subprimes, alors que le monde ne s’est pas totalement remis de la première crise des subprimes. Une évaluation moyenne des experts situe à plus de 10 000 milliards de dollars les conséquences de cette crise.

C’est ce qu’on appelle la «production perdue». Il faut imaginer un instant ce que le monde aurait pu faire avec ces ressources. Probablement on aurait pu régler une fois pour toutes le problème des énergies renouvelables, de la famine et de la mortalité infantile. Les pertes sont colossales et inimaginables pour le commun des mortels. Après cela, on se dit que les pouvoirs publics vont écouter les experts et mettre en place les dispositifs pour empêcher qu’une crise pareille ne puisse pas se reproduire.

C’était effectivement le leitmotiv entendu de la bouche de tous les dirigeants de la planète, après la première catastrophe. Mais l’économie obéit parfois à des critères hors normes techniques. Les lobbys financiers sont si puissants et si organisés qu’ils peuvent peser beaucoup plus fortement sur la décision politique que les analystes économiques.

Allons-nous avoir cette crise ?

De l’avis de la vaste majorité des analystes, pour ne pas dire tous, ce qui a été fait est trop tard et trop peu. Les décisions prises ne permettent pas d’éliminer la possibilité d’occurrence d’une crise semblable à celle des subprimes. Une investigation de la situation des banques et des établissements financiers non bancaires actuels permet de situer qu’une crise rampante est en train d’éroder les structures financières.

Cela commence par les pays les plus vulnérables. Les banques italiennes ont 16% de créances douteuses, et au Portugal cela dépasse les 20%. Les banques solides ont des taux inférieurs à 4%. Beaucoup d’autres indicateurs pointent en direction de problèmes futurs. La fragilité des banques italiennes est inquiétante, comme l’atteste la situation de BMPS (Montei dei Paschi di Siena) et des banques régionales, ainsi que la structure financière des banques et établissements financiers américains. Beaucoup d’indicateurs un peu partout dans les pays développés pointent vers une situation de crise potentielle.

Parmi les indicateurs repères des perspectives économiques, nous pouvons citer les mouvements des indices boursiers. Ces derniers commencent à être de plus en plus variables, traduisant de fortes incertitudes. Les investisseurs s’inquiètent dans une telle situation et mettent le holà sur l’achat des dépenses d’équipements.

La production et la création d’emplois stagnent. Nous sommes au tout début des processus, mais on commence à avoir des comportements en Bourse qui inquiètent. Mais ce qui fait pencher le plus la balance vers des jours plus décevants est l’inquiétude de la plupart des chercheurs et des analystes.

Rares sont ceux qui vous diront que les mesures prises après la crise des subprimes de 2007 sont suffisantes pour éviter une répétition. Il y a comme une très grosse majorité qui pense qu’une autre crise est pratiquement inévitable. Les développements réels commencent à leur donner raison. La question que se posent les experts actuellement n’est pas de savoir si on aura une autre crise, mais bel et bien quand se manifestera-t-elle ?

Abdelhak Lamiri
 
Loading...
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco
Loading...
Vidéo

vidéos

vidéos

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie