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Pouvoir d’achat et inflation marqués par une conjoncture socio-économique inquiétante

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le 12.06.18 | 12h00 Réagissez

Pouvoir d’achat et inflation marqués par une conjoncture socio-économique inquiétante


Quelle que soit la manière dont on aborde aujourd’hui les problèmes socio-économiques et financiers de l’Algérie, les problèmes de l’inflation, du pouvoir d’achat, du chômage, et leurs contours demeurent la toile de fond qui domine tous les autres. L’objectif dans notre contribution, c’est de rechercher en fait, soit théoriquement, soit pratiquement, à quel système de prix nous obéissons.

Cette question stratégique nous amène à parler du sujet qui nous préoccupe et qui occupe les devants de l’actualité nationale et à poser le grand problème dont tout le monde aujourd’hui est conscient, il s’agit des subventions généralisées sans ciblage dont le total des sommes consacrées aux transferts sociaux, directs et indirects, représente entre 25 et 28% du PIB, qui compriment artificiellement les prix réels en Algérie.

Cela veut dire que la loi de l’offre, de la demande et de la concurrence soit à la base de la pratique quotidienne des prix. Il n’y a qu’à observer les prix à l’international qui baissent dans la vie quotidienne plutôt que d’augmenter, même si les prix du baril de pétrole dépassant les 100 dollars. En Algérie, les prix de nos importations augmentent presque chaque année et ceux de nos exportations diminuent presque chaque année, comme nous le verrons dans les lignes qui suivent.

En réalité, l’économie algérienne est un gigantesque système administratif ou d’économie administrée, bien que l’économie de l’Algérie s’apparente dans son aspect à celle des pays en voie de développement.

En effet, aborder la question des prix ou du pouvoir d’achat sans avoir notamment à l’esprit cette donnée fondamentale équivaudrait à ne pas faire preuve de réalisme. Notre pays risque de revenir à la case départ si l’on tient encore à cette vision que le développement économique s’assimile aux dépenses monétaires et aux réalisations physiques sans se préoccuper des impacts et des coûts économiques et financiers qui ont des incidences directes sur les prix et le pouvoir d’achat des Algériens et l’investissement.

L’Algérie, pays non encore industrialisé, a besoin surtout d’une industrie de produits manufacturés et agroalimentaires, dont l’agriculture et l’industrie de production et de transformation sont et doivent être de façon accrue nos deux grands secteurs productifs. L’effort dans pareil domaine restera cependant fort limité pour justement maîtriser les problèmes de l’inflation, du pouvoir d’achat et du chômage.

Rappelons-nous des sacrifices de la population algérienne en 1988, date de l’explosion sociale concernant la tragédie nationale du 5 Octobre 1988 et du rééchelonnement, en 1994, de sa dette extérieure estimée à 26 milliards de dollars et contrainte d’exécuter un dur plan d’ajustement structurel, car ayant accusé un retard dans les réformes structurelles (micro-économiques, macro-économiques et institutionnelles), dont on connaît les répercussions négatives.

La question essentielle qui se pose est donc celle de savoir comment passer d’une économie de rente à une économie productive compétitive et concurrentielle s’insérant dans le cadre des règles et mécanismes de l’économie de marché afin de prendre la bonne voie du redressement économique de l’après-pétrole.

Pour notre part, nous avons toujours plaidé et plaidons toujours pour la réalité des prix et des salaires. Nous plaidons aussi pour la libéralisation du commerce, des prix des biens de consommation et pour la réalité des salaires. Il faut arrêter, à notre humble avis, de subventionner des produits de consommation qui n’apportent rien de bon à l’économie nationale, car la pratique commerciale quotidienne contredit les efforts de l’Etat pour mener à bien la politique sociale.

L’augmentation normale des prix est certes un phénomène universel. Ce qui est en cause ici, ce sont ces subventions généralisées qui compriment artificiellement les prix réels du marché et dont l’inflation dépasse le taux admis qui est de 3%. L’inflation est le cancer d’une économie d’un pays et surtout quand il s’agit d’une économie essentiellement rentière. Nous ne parlons pas du pain, du lait et des livres, où la situation n’est guère meilleure.

Et que nos entreprises créent de la richesse au prix réel et de l’emploi. L’administration fiscale appréhende l’assiette fiscale qui s’avère petite et essentiellement soutenue par l’impôt sur les revenus des salariés et retraités, et que les phénomènes de l’informel, des ventes sans factures, d’achat de factures ou d’échange de factures croisées, d’évasion fiscale, le transfert illicite des devises vers l’étranger soient stoppées. Les importations et exportations frauduleuses constituent également un immense gisement fiscal.

La politique de la vérité des prix qui va tendre, d’une part, à ce que le marché soit au service des intérêts stratégiques d’un pays et préserve les intérêts du Trésor pour permettre à l’Etat de dépenser l’argent public de façon judicieuse et donc de faire un bon usage des finances publiques au profit de la collectivité nationale et, d’autre part, à rationaliser la consommation par la mise en place de l’indemnité de compensation des prix et la réforme des subventions des prix et produits pour combattre l’informel et éviter le gaspillage et l’évasion des produits hors de nos frontières.

En effet, tous les pays ayant atteint un haut niveau de développement à l’instar des pays développés et émergents ont reconnu la nécessité et l’intérêt grandissant d’une économie de marché. Oui, on peut faire carrière dans la politique, mais c’est dans l’économie que l’on se fait un nom et une renommée. L’économie est la science de la rationalité des décisions, de régulation et d’une manière générale de l’ordre économique, commercial et financier. Parler de l’inflation, dans le contexte actuel de la crise pétrolière et monétaire qui secoue le pays, dans un esprit démocratique revient effectivement à aborder un sujet qui soulève, d’une part, la forte étatisation du système économique et financier et, d’autre part, qu’aujourd’hui l’Algérie ne vit pas sous le système de la liberté des prix.

Elle ne vit pas également sous celui du prix administré. L’Algérie vit d’une certaine manière, et toute proportion gardée, une situation que l’on peut rapprocher à l’absence d’une véritable économie compétitive et concurrentielle, à laquelle nous assistons à des tendances monopolistiques dans la sphère informelle qui contrôle plus de 50% de la consommation, faisant que les réseaux commerciaux entre le producteur et le consommateur ont tendance à se multiplier, alors que la marge commerciale peut représenter 2 à 3 fois le prix de production, ce qui ne peut que décourager le producteur et l’orienter vers des activités spéculatives dans l’informel. Il va sans dire que la volonté politique d’encadrer ou à administrer les prix s’avère d’une efficacité limitée, sinon il faudrait des milliers de contrôleurs qui ne changeraient d’ailleurs pas la problématique dans la mesure où le contrôle des prix repose sur le commerçant détaillant qui ne fait souvent que répercuter ses surcoûts sur le consommateur. Il importe de noter à ce sujet que durant ce mois sacré de Ramadhan 2018 le ministre du Commerce avait dit, le 17 mai 2018 dernier, qu’il y aura une baisse des prix dans trois jours. Le temps a largement expiré et les prix flambent à ce jour.

La maîtrise de l’inflation et l’amélioration du pouvoir d’achat se mesurent par la contribution à la valeur ajoutée des entreprises. En effet, dans une option d’économie de marché on ne peut confondre stratégie des entreprises et stratégie de l’Etat. C’est une question-clé qui marquera le plus le nouveau visage économique de l’Algérie. Les pouvoirs publics devront faire face à la politique d’austérité marquée par une conjoncture socio-économique inquiétante que traverse le pays, très affecté notamment par la baisse des prix du pétrole. Les Algériens vivent des fins de mois de plus en plus difficiles, marqués par la cherté de la vie, le pouvoir d’achat a diminué de près de 60%, selon les statistiques.

Globalement, les salaires et les pensions de retraite de la classe moyenne et la couche pauvre demeurent tirés vers le bas par la dévaluation de la monnaie nationale, gonflant d’ailleurs artificiellement les recettes fiscales et le Fonds de régulation des recettes (FRR). La chute, chaque année, de près de 10% du pouvoir d’achat accroît l’endettement des ménages et accélère les revendications sociales pour une augmentation des salaires qui, à leur tour en cas de non-productivité, accélèrent l’inflation. Nous estimons que ce recul du pouvoir d’achat de la classe moyenne et des retraités est le prix à payer dans une société qui ne produit presque rien et vit de la rente pétro-gazière. Réalité dictée par le besoin pour faire fonctionner le pays dont les importations couvrent près de 75% des besoins des ménages et des entreprises, dont le taux d’intégration ne dépasse pas 15%.

Cette hausse multiple et généralisée des prix et des services à la consommation qui s’explique à notre avis par quatre raisons essentielles. La première raison est la dévaluation successive du dinar et la révision à la hausse des taxes et impôts. La deuxième raison est liée à la faiblesse d’une politique salariale cohérente privilégiant les créateurs de valeur ajoutée et le travail, le recours au financement non conventionnel sans contreparties productives, la faiblesse de la production et de la productivité.

La troisième raison est la non-proportionnalité entre les énormes déficits budgétaires et les impacts socio-économiques et monétaires et donc la détérioration du dinar algérien avec en plus de 40% de la masse monétaire en circulation dans les circuits de l’informel et l’extension de la sphère informelle. La quatrième raison concerne les marchés bancaire et boursier non concurrentiels et insuffisamment impliqués, dont le taux d’intérêt bancaire ne joue pas encore son rôle normatif d’attraction de l’épargne pour agir sur le niveau des prix des biens et services et, par conséquent, juguler le niveau d’inflation avec un impact au niveau du pouvoir d’achat.

Faut-il pour autant ne pas prendre de décisions ? Notamment envisager des réformes structurelles, ou du moins une révision de l’actuelle politique socio-économique, comme nous l’avons analysé dans plusieurs contributions depuis 1989. Résultat, les salaires qui n’évoluent ni par rapport à la production et la productivité ni indexés sur le coût de la vie. Le pouvoir d’achat des Algériens à plus de 70% est fonction de la distribution de la rente des hydrocarbures. En effet, la majorité des travailleurs, retraités et Algériens en général, dont près de 70% ont un revenu net inférieur à 40 000 DA par mois et qui consacrent 70% environ de leurs revenus à l’achat des produits de première nécessité. Les couches pauvres et moyennes sont les premières victimes de cette situation. Avec un Smig à 18 000 DA, un père de famille avec trois enfants ne peut faire face aujourd’hui à la cherté de la vie. Le salaire minimum ne doit pas descendre aujourd’hui sous les 40 000 DA.

Depuis la chute drastique des prix du baril de pétrole en juin 2014, la majorité des produits connaît une hausse graduelle et démesurée provoquant inéluctablement une baisse du pouvoir d’achat des Algériens et en particulier les travailleurs et retraités. Dans ce contexte, l’épargne des ménages risque donc d’être mise à mal et la récente augmentation du niveau de vie des Algériens d’être freinée si l’inflation se maintient à un niveau élevé et si la baisse des prix du baril de pétrole continue de baisser. Pour preuve, le rapport salaires sur le Produit intérieur brut (PIB) est inférieur à 25%, contre plus de 45% à la fin des années 1970 ; il est de plus de 60% pour les pays développés et émergents.

Qu’est-ce que l’inflation ?

Nous pouvons dire que l’inflation est une hausse des prix et nous pouvons également dire que c’est en fait la valeur économique de l’argent qui déprécie ou dévalue ; le raisonnement est valable dans les deux sens. Si vous préférez exprimer cette idée en termes plus économiques, vous pouvez dire que l’inflation est la perte du pouvoir d’achat. En d’autres termes, on dira que l’inflation est la perte du pouvoir d’achat. En d’autres termes plus économiques, on peut dire que l’inflation est la perte du pouvoir d’achat.

Qu’est-ce que le pouvoir d’achat ?

Le pouvoir d’achat, c’est la quantité de biens et de services qu’un ménage peut consommer avec l’argent qu’il gagne et dont il dispose. Il dépend donc de deux facteurs : l’inflation et le revenu disponible. La maîtrise du processus inflationniste revêt une dimension particulièrement décisive au-delà de ses conséquences socio-économiques.

En fait, elle renvoie d’un côté à toute la politique économique du gouvernement et concerne tant des facteurs exogènes du marché que les départements ministériels, et de l’autre côté nos entreprises engendrent aujourd’hui plus de charges que de produits et accusent un déficit important de management et qui sont bien loin de l’ouverture à l’international et du démantèlement tarifaire douanier dans le cadre de l’adhésion future de l’Algérie à l’OMC.

D’où l’urgence et l’importance aujourd’hui d’une démarche socio-économique cohérente adaptée à une économie de marché ; en effet, en Algérie l’économie joue un rôle politique et social qu’économique, quand on sait que l’explosion des déficits budgétaires que notre pays enregistre depuis 2008, avec notamment une croissance sans précédent de la dépense publique de près de 50% du PIB. Les déficits prévisionnels qui se situaient en moyenne entre 8 à 28% du PIB, générant des pressions sur l’inflation et par conséquent sur la hausse des prix et des intérêts bancaires.

Ces dépenses continuent à ce jour d’aggraver les équilibres macro-économiques pour financer chèrement les projets d’investissements publics et cela en dépit du fait que le pays connaît encore en 2018 un important déficit budgétaire de 1800 milliards DA, soit l’équivalent de 20 milliards de dollars. Ce déficit n’est couvert que par les emprunts du Trésor auprès de la Banque d’Algérie. Dans une économie normalisée, quand on y injecte 1% du PIB, ce dernier s’accroît selon les experts de 2 à 3%. Or, l’Algérie injecte 28% du PIB par an pour obtenir une croissance de 3% du PIB, alors que le taux de croissance économique aurait dépassé 10%.

Dans ce cadre, trois éléments positifs permettront de mesurer l’effort entrepris en termes de réalisations : les infrastructures, les équipements collectifs et les infrastructures de transport relevant du caractère commercial, entre autres : métro, tramway, autoroutes, ports, aéroports… aujourd’hui peu rentables et qui contribuent faiblement à atteindre les objectifs économiques et financiers du pays et par conséquent l’élévation du niveau de vie des Algériens.

On peut dire que l’Algérie finance son budget au prix fort qui se fait de manière directe sur les fonds du Trésor public, sans la participation des investisseurs ; bien entendu, le maintien du déficit sur plusieurs exercices consécutifs n’est pas le signe ou un élément d’une bonne santé économique, mais un facteur de déstructuration pour l’économie d’un pays ou d’une entreprise. Il est constaté notamment que notre économie repose entièrement sur une monnaie dépendant à près de 90% de la rente, le recours au financement non conventionnel (l’usage de la planche à billets), les subventions, les exonérations d’impôts et taxes, la suppression des intérêts sur les crédits bancaires via les dispositifs de l’Etat, les augmentations des salaires qui continuent à être versés sans rapport avec un accroissement de la production, la productivité, ou encore l’efficacité économique.

Ainsi, la rente a largement favorisé la hausse des prix sur le marché, y compris les produits subventionnés et contribué grandement à l’émergence d’une classe de bureaucrates issus d’une politique d’économie dirigée. Il y a aussi et surtout la hausse des importations qui ont pris du poids et commencent à constituer une menace de plus en plus lourde dans le financement de l’économie nationale et qui absorbent déjà nos recettes d’exportation pétro-gazières au détriment de l’investissement productif et de la consécration des valeurs du travail. Cette situation soulève aujourd’hui un sérieux problème de société et de pérennité de l’économie algérienne compte tenu des mutations profondes qui marquent la vie sociale, économique et politique.

Le processus budgétaire doit s’aligner sur les pratiques internationales, en particulier la commission parlementaire chargée de la loi de finances doit inclure des experts en comptabilité et en finances certifiés aux normes comptables internationales et en économie pour garantir le processus de planification, d’allocation de ressources et d’exécution pour la construction d’une économie de marché en soutien d’une économie sociale est le pilier sur lequel repose l’avenir de l’Algérie. Sans elles (les pratiques internationales), on ne peut ni évoluer, ni prospérer, ni combattre le chômage, l’inflation, la corruption. Monétiser le déficit budgétaire ne peut qu’accentuer la pression inflationniste qui entraîne une hausse des coûts et prix de revient sur les prix manufacturés et par conséquent lamine le pouvoir d’achat.

Mais l’énorme dépendance par rapport aux hydrocarbures est encore plus inquiétante ; on sait que la structure actuelle du secteur économique reste fort dominée par les personnes physiques qui représentent 90% (commerces et services), et seuls 10% sont des personnes morales de statut de société, un déséquilibre qui est sans doute à l’origine de la crise actuelle. En effet, le principe d’équilibre budgétaire, devenu un principe d’équilibre économique, c’est-à-dire sans déficit ou du moins ne dépassant pas le ratio admis qui est de 3% et sans inflation pour permettre à l’Etat de dépenser l’argent public de façon judicieuse, est de faire donc un bon usage des finances publiques.

Le rôle de l’Etat est de réguler et d’encadrer l’économie en passant de la régulation administrative à la régulation économique pour la bonne gestion des ressources du pays. Cela pour créer de nouvelles forces productives, d’exportation et de nouvelles capacités de création de richesses et d’emplois, à l’heure où l’actualité braque ses feux sur les grands rendez-vous de l’économie mondiale dont l’entrée de l’Algérie à l’OMC, la zone Afrique et le partenariat stratégique avec l’Union européenne (UE), dans le nouveau contexte des mutations mondiales et régionales.

Face aux réformes futures des subventions et transferts sociaux, la question qui se pose est de savoir comment corriger l’actuelle politique socio-économique pour libérer les prix, aller vers la réalité des salaires et le développement de l’activité économique pour lutter contre l’esprit rentier et réhabiliter les valeurs du travail. Force est de constater que le gouvernement tente difficilement la transition d’une économie rentière vers une économie de marché tout en évitant l’amorce de réformes structurelles pour la maîtrise de l’offre et la demande, la stabilisation des prix fondée sur la concurrence, la limitation du commerce de l’informel et l’amélioration de la qualité du produit local. Pour rappel, les statistiques fournies sur l’inflation entre 2009 et 2017 ont été les suivants : en 2009 (5,7%) ; en 2010 (5%) ; en 2011 (4,5%) ; en 2012 (8,9%) ; en 2013 (3,3%) ; en 2014 (2,9%) ; en 2015 (6,7%) ; en 2016 (6,7%) et 8,1% en janvier 2017.

Le pays a enregistré un taux d’inflation supérieur aux 3% admis. Sans les subventions des prix, le taux d’inflation dépasserait largement les 10%. En effet, à chaque exercice budgétaire, l’Etat consacre des milliards de dinars aux subventions directes et indirectes, l’équivalent entre 25 et 28% du PIB. Cela va du logement, des prix de produits de première nécessité, en passant par la santé, l’éducation, l’enseignement supérieur, l’agriculture, les œuvres sociales et les différents dispositifs de création de micro-entreprises, de soutien à la croissance et de création d’emploi.

Or, en continuant à subventionner les produits de première nécessité — sucre, céréales, huile, carburants, etc. —, l’Etat contribue indirectement à nourrir les réseaux de contrebande. Ces subventions sont totalement inégalitaires puisqu’elles profitent à tous, en particulier les riches et les commerçants, sans cibler ceux qui en ont besoin, les pauvres et les démunis.

A titre de comparaison, nous prenons pour exemple parmi tant d’autres le sachet de lait d’un litre subventionné par l’Etat au prix à la consommation 25 DA, le cafetier du coin tire de cette subvention une marge commerciale pouvant représenter 5 à 7 fois le prix d’un sachet de lait en le cédant au détail à ses clients entre 25 et 30 DA le verre et le plus souvent à moitié rempli. Il y a urgence d’un dialogue serein politique, économique, social privilégiant les intérêts supérieurs de l’Algérie afin de réorienter l’actuelle politique socio-économique en conciliant l’efficacité économique et une très profonde justice sociale.

 

Par ailleurs, le secteur privé en Algérie, d’une plus grande portée, serait un effort pour accorder aujourd’hui une place accrue des salariés au sein du conseil d’administration des entreprises, c’est-à-dire ouvrir le capital social à l’actionnariat des salariés, dont l’objectif de défendre l’intérêt de l’entreprise dans son ensemble. Ce sera aux patronats privés de s’accommoder d’une implication plus forte de ce nouvel acteur, base de nouveaux pactes. Comme aussi le gouvernement ferait un effort pour arracher l’économie à l’emprise de l’administration et restituer aux chefs d’entreprise toutes leurs responsabilités sanctionnées par l’échec ou la réussite. Faire renaître une transformation économique et sociale profonde qui marquera le plus le nouveau visage économique du secteur privé.
Il faut que les entreprises privées sachent tirer parti de ces alliés stratégiques que sont les salariés, trop sous-utilisés aujourd’hui dans la performance de leurs entreprises. Il en va sur la durée de la bonne marche des entreprises, et donc de la défense de leurs propres intérêts peuvent se renforcer les uns les autres.

Les rencontres tripartites (gouvernement, syndicat, patronats, public et privé) qui se sont succédé ont accumulé des retards sur nombre de points. Les entreprises souffrent énormément du manque de progrès technologique et d’investissements productifs. Ceci dit, une économie sans développement de l’entreprise est une économie nécessairement administrée. En effet, cinquante-six ans après l’indépendance du pays, la structure de l’économie algérienne reste centrée sur près de 90% sur les entreprises du commerce et des services. La raison essentielle qui permet d’expliciter les conditions de l’échec, résultat de l’amalgame entretenu entre l’économie de marché et l’économie administrée. Encore plus le versement de salaires et rappels sans contreparties productives.

Ce qui a d’ailleurs perpétué la notion de «Houkouma» (au sens beylik) dans la gouvernance du pays. C’est la raison pour laquelle on n’arrive ni à développer l’offre, ni à produire suffisamment, ni à parvenir à créer suffisamment de richesses et d’emplois durables. Voilà en gros la situation, et de tout cela il apparaît que notre commerce ne se porte pas bien dans un pays où le commerce fait travailler la plus grande majorité de la population, la réorganisation de ce secteur auquel est subordonné le niveau de vie de la population algérienne revêt une importance obligatoire. 

 

Par M’hamed Abaci

Financier et auteur

 
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