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Pollution marine par les géants du transport conteneurisé

Les pays pétroliers mis à l’index

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le 16.04.18 | 12h00 Réagissez

 
	L’Algérie n’est pas en reste des autres pays membres de l’OMI en matière de pollution marine
L’Algérie n’est pas en reste des autres pays membres...

Avec plus de 11 milliards de tonnes annuelles, le transport maritime conteneurisé pèse actuellement environ 90% dans les échanges commerciaux à l’échelle mondiale, soit le double de ce qu’il pesait il y a 20 ans. La préservation de l’environnement marin est devenu aujourd’hui plus que jamais un enjeu majeur pour l’Organisation maritime internationale (OMI).

Protéger le navire contre la mer, et, en même temps, œuvrer à protéger la mer contre le navire, est, en quelque sorte, ce à quoi a appelé, une fois encore, l’Agence onusienne lors de la 72e session de son Comité de la protection du milieu marin (MEPC).

A cette fin, a été élaborée et adoptée une stratégie globale lors de cette session ayant rassemblé, du 9 au 13 avril, au siège de l’Agence, à Londres, les représentants des 170 pays membres, dont Kheireddine Benslim, attaché maritime de la Mission permanente de l’Algérie, et Mohamed Lamine Siari, représentant permanent suppléant de l’Algérie, tous deux siégeant à l’OMI, avons-nous appris.

Une stratégie portant essentiellement sur «la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant des navires, l’application du plafond mondial de la teneur en soufre du fuel-oil utilisé par les navires à partir de 2020, l’application de la Convention sur la gestion des eaux de ballast, l’utilisation et transport de fuel-oil lourd dans les eaux arctiques et les détritus marins», tel qu’expliqué, dans une déclaration à El Watan-Economie, Vincent Aubry, haut responsable à l’OMI.

Les membres du MEPC-72 sont donc tenus de convenir d’une vision d’avenir du secteur des transports maritimes internationaux où ont été fixés les niveaux d’ambition pour la réduction des émissions des GES et définis les principes directeurs en la matière, poursuit notre interlocuteur. D’autant que, la croissance spectaculaire dont se distingue l’industrie maritime risque d’exacerber davantage la prolifération de ces émissions carboniques et le réchauffement des eaux. En effet, les 2,7 % des émissions mondiales de CO2, à l’actif de la branche, pourraient se hisser à 17% à l’horizon 2050.

D’où l’exhortation des dirigeants et experts de l’OMI à l’exploitation de toute technologie susceptible de ‘’décarboniser’’ l’industrie maritime. Aussi, l’Algérie, à l’instar des autres pays membres de l’OMI, qui n’est pas à l’abri de toutes ces formes de nuisances, eu égard à la hausse des échanges commerciaux internationaux par voie maritime (plus de 90% du commerce extérieur), et l’Algérie est tenue de veiller à la conformité au plafond de la teneur en soufre du fuel-oil utilisé à bord des navires. En effet, à compter du 1er janvier 2020, la limite devrait être ramenée à 0,50 % m/m (masse par masse). Ainsi pourraient baisser de manière significative les émissions d’oxydes de soufre (SOx) provenant des cargos et des porte-conteneurs des navires.

Ce qui devrait avoir une incidence extrêmement positive sur l’environnement et la santé de l’homme. Surtout que  « les oxydes de soufre (SOx) sont connus pour leur effets néfastes sur la santé, provoquant des symptômes respiratoires et des maladies pulmonaires et dans l’atmosphère, les SOx peuvent être à l’origine de pluies acides qui nuisent aux cultures, aux forêts et aux espèces aquatiques et contribuer à l’acidification des océans», prévient M. Aubry.

Pis, le type de carburant surchargé en soufre, serait «jusqu’à 3500 fois plus polluant que les voitures», d’après plus d’un défenseur de la nature, dont l’ONG Transport and Environment, qui, plus grave encore, impute à la pollution atmosphérique maritime la mort prématurée d’environ 50 000 personnes en Europe.

Par ailleurs, toujours selon notre source de l’OMI, a été adopté, dans le cadre de la stratégie pour laquelle ont dit oui, vendredi dernier, les ambassadeurs maritimes, au terme d’une session de cinq jours de négociations à Londres, un projet d’amendements à la Convention sur la gestion des eaux de ballast (Convention BWM).

Depuis 8 septembre 2017, date de son entrée en vigueur, les navires sont tenus de gérer leurs eaux de ballast (Un ballast est un grand réservoir d’eau de mer dont sont équipés les navires pour l’optimisation de la navigation) afin d’empêcher la propagation d’espèces aquatiques envahissantes et potentiellement dangereuses. Et, en vertu des nouveaux amendements, sera défini le calendrier d’application relatif à l’installation des systèmes de gestion des eaux de ballast (BWMS).

Toutefois, lors de l’application de toutes ces nouvelles mesures et tant d’autres adoptées par l’assemblée du MEPC, 72  risquent de se heurter à de fortes résistances des géants des mers, une  soixantaine, qui, bien que les navires dont ils disposent pèsent à peine moins de 10% de la flotte marchande mondiale conteneurisée (5192 en 2018), contrôlent, à eux seuls, environ 60% du marché mondial du transport maritime conteneurisé (192 millions équivalent-vingt-pieds EVP), lequel marché pèse plus de 1500 à 2000 milliards d’euros.

En tout cas, le représentant du Programme d’intégrité de la gouvernance climatique de Transparency International en avait fait allusion lorsqu’il impute le retard considérable mis par l’OMI avant de décider de s’attaquer sérieusement aux graves atteintes à l’environ marin, à l’influence des lobbys de l’industrie maritime et aux paradis fiscaux lorsqu’il est question de ratification de traités, d’accords ou de conventions dans le domaine maritime.

Pour se soustraire au fisc, nombre de puissantes compagnies choisissent de mettre le cap sur les Bahamas, Malte, Panama, le Liberia et les îles Marshall aux fins de l’enregistrement de leurs navires. D’où les difficultés innombrables à identifier la nationalité du pavillon et par-delà situer les responsabilités  dans les différends en cas de pollution majeure en mer.

C’est dire que la communauté maritime à l’échelle planétaire est appelée à une mobilisation générale pour promouvoir une industrie maritime prospère, et durable surtout. Raison pour laquelle cette année, l’Agence maritime onusienne a choisi de célébrer le 28 septembre prochain, la Journée mondiale de la mer sous le thème «OMI 70 : notre héritage - de meilleurs transports maritimes pour un avenir meilleur».

Naima Benouaret
 
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