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Editions Kalimat

En poche !

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le 26.05.18 | 12h00 Réagissez


La crise affecte aussi le monde éditorial, peut-être plus durement encore, puisque en plus du marasme économique général, il a vu disparaître le système de subventions généreux dont il a bénéficié à partir des années 2000 et qui, pour être certainement critiquable, apportait un soutien fort et unique au monde aux maisons d’édition. Face à cette adversité, on peut repérer trois types principaux de réactions. Il y a ceux qui désespèrent et pensent mettre la clé sous le paillasson, éventuellement se reconvertir. Il y a ceux qui se battent et cherchent à résister en développant de nouvelles démarches ou initiatives. Il y a enfin ceux qui désespèrent mais résistent quand même.

C’est le cas, semble-t-il, des éditions Kalimat d’Alger et de sa directrice, Naïma Beldjoudi, dont l’opiniâtreté s’efforce d’innover et de s’adapter au nouveau contexte. Avec un catalogue d’une cinquantaine d’ouvrages, cette maison d’édition se situe dans la catégorie des PME (lire Petites et moyennes éditions). Sa patronne cependant, forte de son expérience dans les années 90’ aux éditions Marsa liées à la revue littéraire Algérie Littérature Action, s’attache à rechercher la qualité dans une diversité de genre qui privilégie toutefois la littérature.
Al Kalima a lancé récemment la collection Djib (poche) pour répondre à cet objectif à travers une formule plus accessible sur le marché du livre. Cette nouveauté s’est traduite également par une amélioration notable de la qualité graphique des ouvrages et de l’esthétique de leurs couvertures, aspects encore trop souvent négligés dans l’édition algérienne.

La collection Djib semble avoir entraîné une dynamique d’innovation puisqu’elle abrite désormais elle-même une sous collection, plaisamment intitulée PIM, pour «Petits inédits maghrébins». Son directeur éditorial n’est autre que le professeur Guy Dugas, spécialiste de la littérature maghrébine de langue française. Deux PIM donc ont déjà été publiés et avaient été promus au dernier SILA. Il s’agit de Le rossignol de Kabylie (suivi de) Malika d’Emmanuel Roblès. Le premier des deux textes joints dans le même volume, un inédit de 1959, présente la particularité d’avoir été adapté à la télévision française après l’indépendance avec comme dialoguiste… Mahieddine Bachtarzi. La deuxième publication PIM est Le secret de la Lune, de Fatima Beljadj, version d’un conte amazigh des Aurès qui remonterait à l’Antiquité. Cinq autres PIM sont en préparation dans les fourneaux d’Al Kalima. On y compte L’enfant fruitier de Jean Sénac, Prolégomènes à l’art nouveau d’Anna Gréki et Mohamed Khadda, L’offense d’Abdelkader Hadj Hamou et la correspondance poétique entre Jean Amrouche et Armand Guilbert.

Les deux premiers «ouvrages» (le mot est lourd pour des livres-miniatures) indiquent bien ce que sera cette collection à la maquette agréable et au format si pratique de 10 x 14 cm, acceptable par une poche de chemise. Le principe de textes inédits, rares ou introuvables est le premier argument éditorial de ces PIM qui invitent à des découvertes. Les prix publics (entre 200 et 300 DA) viennent renforcer l’attractivité de ces petits objets littéraires soignés auprès d’un lectorat qui n’échappe pas non plus à la crise. Faute d’argent, une poche peut contenir tout un univers.

 
 

Ameziane Ferhani
 
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