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Fronton : Just married !

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le 13.05.17 | 12h00 Réagissez


Anthropologie et sociologie se sont abondamment penchées sur le mariage. De toutes les études menées dans le monde, il ressort que cette institution est un miroir particulièrement expressif de la société. On peut y percevoir ses valeurs, ses contradictions et ses tendances. Une telle approche dans notre pays permettrait de mieux comprendre comment, de nos jours, les Algériens se représentent et se projettent. Notre université cependant – comme en d’autres domaines sensibles et révélateurs – demeure bien inactive en la matière.

Il n’existe pas à notre connaissance de recherches sur les stratégies matrimoniales, les modes de célébration des mariages, l’évolution des ménages et leurs interactions avec l’environnement économique et social ainsi qu’avec les dimensions culturelles et cultuelles. A moins que ces travaux ne soient pas promus ou diffusés ?

En rendant par exemple obligatoire le mariage civil avant le mariage religieux (el fatha), la dernière version du code de la famille, adoptée en 2005, a introduit un changement notable dont nous ne disposons aujourd’hui d’aucune évaluation ni analyse. Tout un pan de notre existence collective échappe ainsi à notre vision.

Dans la fête de mariage, si présente dans le calendrier des individus et des groupes, s’exprime en outre une culture vivante qui brasse les modes vestimentaires, les goûts culinaires, les musiques en vogue et notre conception de la convivialité. Jusqu’aux comportements et manières de gérer ou non le rapport entre traditions anciennes et nouveaux cadres de vie. A travers les normes et les convenances, les préjugés et le qu’en-dira-t-on, les aspirations des couples et les desseins des familles, apparaissent des enjeux immenses. La recherche d’une modernité adaptée à nos héritages n’est pas le moindre.

Il y a là un chantier pour les sciences sociales et un gisement pour les expressions artistiques et littéraires. Lequel est souvent abandonné au profit médiocre des sketchs télévisés du Ramadhan ! Des auteurs ont su pourtant lever cette pâte, tels Lyes Salem, dans son film Mascarade, ou Ahmed Rezzak, dans sa pièce Torchaka. Une preuve que le sujet, traité avec talent et autant d’humour que de gravité, passionne les publics et peut générer de vraies œuvres.

Bientôt arrivera la saison estivale avec son cortège de cortèges maritaux. On assistera ainsi au défilé de ces candidats et candidates à la nuptialité. Nombre d’entre eux ignorent (ou veulent ignorer) que les obligations sociales ne garantissent pas la qualité d’une union liée à l’alchimie d’un couple. Hors des apparences et des modèles dominants imposés, chez nous, par l’arrivisme triomphant.

En harmonie avec les valeurs universelles de l’amour dont le patrimoine algérien ne manque pas. Une question donc éminemment culturelle, comme tout ce qui touche à l’existence des individus et des groupes. Ramener les choses à leur fond, voilà bien le but de la culture.
 

Ameziane Ferhani
 
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