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Fronton : Tu n’iras pas à Venise

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le 02.06.18 | 12h00 Réagissez


On ne se rend pas toujours compte combien tout est relatif. Ainsi, une information positive peut être accueillie avec désolation selon le point de vue que l’on a. L’ouverture samedi de la 16e biennale internationale d’architecture de Venise est de celles-ci. Pendant un semestre, se tiendra cette immense manifestation considérée comme le rendez-vous d’excellence de cette discipline. C’est un peu le «Festival de Cannes» de l’architecture, sans le côté clinquant.

Elle s’inscrit dans un ensemble événementiel unique au monde et entièrement consacré à la culture, puisque Venise accueille également plusieurs autres biennales, toutes créées par la municipalité. Cette histoire remonte à 1895 avec la tenue de la biennale d’art qui fut aussitôt un succès.

Dans les années trente, naissent les biennales de musique, de théâtre et de cinéma, le Festival du film de Venise (1932) étant le premier au monde. Les biennales de la Sérénissime – la plus belle appellation de la ville – existent donc depuis 123 ans et sont l’une des plus prestigieuses institutions culturelles internationales.

Elles expriment toute la grandeur d’une nation nourrie d’art et de créativité, l’Italie, même si la présente actualité peut en donner une autre image. Créée en 1980, la biennale d’architecture est un baromètre des tendances, un formidable carrefour d’échanges, ainsi qu’un indicateur des pratiques architecturales dans le monde. En plus des pavillons nationaux (63 pays cette année), elle abrite un espace libre, où 71 architectes se sont manifestés.

La désolation commence lorsque l’on se rend compte que l’Algérie est absente de ce rendez-vous alors qu’elle est qualifiée de «plus grand promoteur immobilier au monde avec un programme de quelque huit millions de logements». Finalement, l’explication est là : si l’Algérie n’est pas à Venise, c’est qu’elle se soucie de logement et non d’habitat, et dans le logement, de quantité et non de qualité, sans tenir compte du fait que la non-qualité n’est jamais durable et qu’elle relance constamment la demande.

Nous n’aurions donc rien à montrer du point de vue de l’architecture, hormis des chiffres et des marchés ? Nous serions incapables de faire aussi bien que le Liban, Bahreïn, l’Egypte, l’Arabie Saoudite qui, eux, sont à Venise. Il est vrai que la biennale encourage de nouvelles manières «de voir le monde et d’inventer des solutions où l’architecture assure le bien-être et la dignité de chaque citoyen de cette planète fragile».

Alors que dans le monde entier on continue à respecter l’architecture telle que conçue depuis la nuit des temps, à considérer l’architecte comme un véritable auteur, responsable de ses productions : à intégrer cette activité dans le secteur de la culture, la construction étant tout autre chose, à souligner l’importance de la qualité, nous avons pris des chemins inverses, obstinés et désespérants. Droit dans le mur qui, de plus, est souvent affreux.

Ameziane Ferhani
 
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