Pages hebdo Arts et lettres
 

Photographie. Youcef Krach et Fethi Sahraoui en vadrouille

Photos sensibles

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 09.06.18 | 12h00 Réagissez

Photos sensibles

En vadrouille à l’est du pays, deux des plus talentueux photographes de la nouvelle génération promènent leur regard sur le paysage.

 Youcef Krach et Fethi Sahraoui ont capté ces instantanés avec un simple iPhone. Preuve s’il le fallait que c’est le regard qui fait l’image.
Il ne s’agissait pas pour eux d’immortaliser les villes avec des photos emblématiques. Les rencontres, accidents et sensations du voyage sont au cœur de l’expérience. Il ne s’agit pas non plus de tracer la carte mais d’explorer le territoire.

«Avec le collectif 220, on avait plutôt photographié l’ouest du pays. En mars dernier, on avait l’occasion de partir à l’est pour accompagner notre ami Lakhdar Tati à Annaba. Il devait projeter son film dans un festival. On a fait le trajet en voiture avec des détours et on a poussé jusqu’à Touggourt», raconte Youcef Krach. Le road-trip à l’est les mène sur les sentiers de la beauté rude des Hauts-Plateaux.

Membres du Collectif de photographes 220, les deux artistes sont surtout portés sur la photo de rue. Ils répondent à l’envie impérieuse d’une génération : se voir. Point de nombrilisme, mais le besoin de représenter son temps, ses lieux et ses gens est tout de même une affirmation individuelle à travers un regard singulier et assumé.

Leurs photos ne sont pas des bornes où s’arrête le regard, mais des digues ouvertes sur l’imaginaire. Le déplacement est également omniprésent dans le travail de ces photographes.

A l’image de cette virée à l’Est, Fethi Sahraoui a, par exemple, suivi les gamins de sa ville de Mascara dans leurs escapades pour fuir la canicule (Escaping the heathwave) où encore pour accéder aux stades de football (Staduimphilia). Quant à Youcef Krach, il a notamment réalisé une série de photographies autour des bus d’Alger et nous annonce qu’il travaille également à une autre série sur les chardonnerets, après celle déjà fameuse sur le monde des combats de moutons («20 cent»).

A chaque fois, il s’agit d’usages peu documentés parce que populaires. «Documenter» est d’ailleurs le verbe par lequel nos photographes préfèrent décrire leur action. Documenter des faits mais aussi et surtout un état d’esprit et un air du temps. Des documents hautement «sensibles».    

Fondé en 2016, le Collectif 220 regroupe quelques-uns des photographes les plus enthousiasmants de leur génération. Pour la plupart formés hors des sentiers battus, en autodidactes, à force de regarder, de lire et de photographier, ils construisent leur identité en dialogue avec les cheminements contemporains dans le monde.

Outre Youcef Krach et Fethi Sahraoui, ce collectif rassemble également Abdou Shanan, Houari Bouchenak et Malek Belahsene. Leurs talents sont aujourd’hui largement reconnus, à l’image de Sahraoui, qui a décroché l’an passé le prix Saïma de l’Institut du monde arabe de Paris pour son travail, Sahara, espaces de circulation.

Dernière nouvelle, Youcef Krach nous apprend qu’il se prépare à éditer des livres-photos de membres du collectif. Mises en page de façon créative, très loin du beau livre habituel, ces publications devraient bientôt voir le jour aux éditions la Chambre claire. A suivre…

 
 

Walid Bouchakour
 
Loading...
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco
Loading...
Vidéo

vidéos

vidéos

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie