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Malek Bensmaïl. Réalisateur- documentariste

«Questionner tous les mythes»

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le 05.05.18 | 12h00 Réagissez


Avant de parler du film, parlons de votre propre relation à La Bataille d’Alger. Comment s’est-elle construite ?

L’idée de faire ce film, La Bataille d’Alger, vient de plusieurs émotions. D’abord l’émotion de mon enfance.

C’est un film qui a toujours été diffusé (sauf pendant la décennie sanglante) deux fois par an à la Télévision : le 1er Novembre, pour la commémoration du début de la Révolution, et le 5 Juillet, pour la fête de l’indépendance. Je connaissais les dialogues par cœur. A l’école, je préparais des révolvers en papier pour rejouer le film avec les camarades : toi, c’est Massu, moi, Ali La Pointe, l’autre, Djaâfar…

Et on rejouait le film dans la cour de récré en respectant scrupuleusement les dialogues. Après l’émotion de l’enfance, vient celle du cinéma. Ce qui a bercé notre génération, c’est non seulement La Bataille d’Alger, mais tout le cinéma italien et le néoréalisme. Des cinéastes avec un fort engagement politique. On connaissait Rossellini, Fellini et puis la comédie. Des films qui m’ont orienté vers la décision de faire du cinéma. Au départ, ce sont ces deux émotions qui m’ont conduit à faire ce film.

Et pourquoi le faire maintenant dans votre déjà long parcours de documentariste ?

C’est comme la psychiatrie. Il y a d’abord l’urgence à traiter. Après, quand on a pansé les plaies, on peut se préoccuper de la qualité et du confort. J’ai commencé durant la décennie noire et j’ai documenté cette époque sanglante puisque j’étais dedans. Après, j’ai fait des films sur la psychiatrie, la souffrance, l’école, le pouvoir, l’Histoire, la presse… Toujours dans l’Algérie contemporaine. L’urgence n’était pas l’aspect culturel, disons, ou mes références de cinéma. Maintenant on est arrivé à une période où il est temps de questionner tous les mythes.

Pourquoi La Bataille d’Alger nous a impressionnés, orientés et quelque part emprisonnés dans une histoire ? Comment on se reconnaît tous dans le personnage héroïque d’Ali la Pointe ? Et aussi, pourquoi est-on focalisé sur la question révolutionnaire ? A travers le prisme de La Bataille d’Alger, je questionne la mise en place de ce mythe guerrier. En plus des émotions dont je parlais, il y a aussi cette dimension politique. A partir de là, il s’agissait de comprendre comment ce film a été produit, pourquoi, avec quel argent? Et puis le tournage… Fait unique dans l’histoire du cinéma mondial. Le tournage de La Bataille d’Alger a facilité le déroulement d’un coup d’Etat ! L’histoire a nourri le film et vice versa.

Certes, ce film a sa place dans le néoréalisme italien, mais vous montrez que c’est aussi quelque part un film algérien…

Le néoréalisme italien est une école, c’est une esthétique avec lesquelles on était en phase. Prenez Omar Gatlato, de Allouache, Tahia ya Didou, de Zinet ou d’autres... L’influence est très forte. On pourrait même parler de «néoréalisme algérien». Pour revenir au documentaire, Pontecorvo s’est inspiré de toutes les images des actualités cinématographiques pour faire son film. Il n’a utilisé aucune image d’archives, mais s’est inspiré au plan près de certaines images d’archives, comme le défilé des paras ou de la conférence de presse.

Aux USA, lors des premières projections en 1967, ils avaient mis un carton, précisant que «ce film ne contient aucune image d’archives, c’est une pure fiction». Cela m’intéresse parce que moi-même je viens du documentaire. Comment une pure fiction comme La Bataille d’Alger peut-elle être tellement proche de la réalité qu’elle crée un trouble ? Un trouble qu’on retrouve dans les entretiens que j’ai eus avec les techniciens du film.

Pour parler de l’acteur Jean Martin, ils diront Massu ou Bigeard, pour parler de Brahim Haggiag, ils diront Ali la Pointe… Il y a encore cette confusion fiction/réel, on est encore dans La Bataille. D’ailleurs politiquement et historiquement on a encore du mal à se détacher de cette histoire toute fraîche et de passer à la fiction.

Vous rappelez aussi que beaucoup d’acteurs avaient vécu les faits. Yacef Saâdi, évidemment, mais aussi El Badji, qui joue la scène de la guillotine, alors qu’il avait été condamné à mort…

C’est très troublant, et cela a dû être très dur sur le plateau. Quand El Badji jouait la scène, il était lui-même effondré et puis toute l’équipe était en larmes. Mais Pontecorvo savait que personne ne pourrait jouer cette émotion avec autant de force. Et puis Yacef Saâdi, quoi qu’on dise du personnage historique, sait ce qu’il a fait : il sait comment il a couru, comment il s’est caché... Il amène une véracité de guerilla impossible à atteindre dans la fiction.

Rappelons que dans tout le casting il n’y avait qu’un seul acteur professionnel…

Absolument. Jean Martin était un acteur de théâtre, plutôt efféminé d’ailleurs. Ce qui a posé des problèmes pour jouer le rôle de Massu. En même temps, Pontecorvo ne voulait pas donner une caricature du para. Généralement on force les traits, un para c’est une brute épaisse, un tortionnaire avec peu de vocabulaire. Lui non, il voulait une synthèse de plusieurs généraux : Bigeard, Massu, Trinquier et Godard. Les quatre qui ont mené la bataille. Le côté fin de Jean Martin lui a donné de la profondeur psychologique, mais il fallait tout de même lui donner l’allure du para…

Alors on a mis des mouchoirs dans ses épaulettes (voir photo p. 15) et les fameuses lunettes fumées d’Ali Marok pour durcir son expression. Tous les autres acteurs n’ont jamais joué devant une caméra. Mais on sortait de l’indépendance en 65. Le réalisateur de la deuxième équipe, Montaldo, le raconte très bien. Quand il tournait la scène de l’explosion du Milk Bar, les youyous ont retenti de tous les côtés à Alger. C’était émouvant et il dit que c’est ce qui les avait renforcés dans le tournage. Un tournage qui a duré six mois. Ce qui est très long. L’Algérie avait mis de gros moyens.

Le coup d’Etat de Boumediene est arrivé au milieu du tournage. Comment l’équipe a-t-elle géré cela ?

J’ai posé la question à Mme Pontecorvo et cela l’a un peu gênée. Pontecorvo lui-même était un résistant communiste, sensible à la question de la condition humaine. Or, pendant le tournage, les opposants de Boumediene se font arrêter et torturer par les agents de la Sécurité militaire. Comment un cinéaste engagé peut-il faire l’impasse sur cela ? A sa place, j’aurais peut-être marqué mon désaccord. Mais le film était lancé.

Un film financé tout de même par l’Etat algérien. Que faire ? Ils ont décidé de continuer. Pour eux, un film sur la décolonisation dépassait l’histoire récente des Algériens. La femme du réalisateur, Picci Pontecorvo, que j’ai rencontrée à Rome, m’a dit que c’est le mal qu’on fait les Français en Algérie qui les intéressait. Ce qui se passait entre les Algériens, qu’ils le règlent eux-mêmes, entre eux.

On apprend que c’est Yacef Saâdi qui a négocié la poursuite du film avec Boumediene…

Selon les témoins, Mohamed Harbi et Hocine Zehouane, il est allé le voir et Boumediène lui a dit : «Il n’y a aucun problème, vous pouvez continuer votre film, à condition de ne pas nous créer de problèmes avec tes gars de La Casbah. C’était donnant-donnant. Tu bouges, j’arrête tout.» Et puis Boumediène reconnaissait que La Bataille d’Alger avait facilité le coup d’Etat. Les gens avaient pris ses tanks pour des éléments du tournage !

Ce film est un mythe algérien, mais aussi international, avec un destin extraordinaire. Pouvez-vous nous en parler ?

On était dans une période où beaucoup de mouvements indépendantistes cherchaient des solutions pour se libérer. Et le film est tombé à point. En 1967, il y avait la guerre du Vietnam, les indépendances en Afrique, le Black Panther Party aux USA, ou encore la discrimination raciale, l’apartheid en Afrique du Sud…

C’est un film sur la liberté. Comment y parvenir quand on n’a aucune arme si ce n’est de poser des bombes. ça raconte une guérilla et une révolution. Alors il a été très vite pris comme un exemple à suivre. Les Black Panther étudiaient les stratégies des commandos du FLN et se préparaient pour une barricade inaccessible aux flics à Harlem ! Le film a même été retenu comme pièce à conviction dans les tribunaux américains.

Le FBI avait trouvé des copies du film dans les appartements des membres de ce mouvement. D’un autre côté, le film a aussi servi contre les révolutionnaires. Les armées fascistes d’Amérique latine ont visionné le film pour apprendre à mater une rébellion. Idem pour l’armée américaine en Irak et Afghanistan. On est dans cette dualité. Pontecorvo s’en défend. Sa femme dit : ''Nous, on avait notre conviction, après les gens peuvent utiliser le film comme ils veulent''.

En Algérie, le film a servi de mythe rassembleur autour d’une révolution populaire. Que penser de cet usage ?

A l’époque, on venait de sortir de «Sebaâ snin barakat !» (Ndlr : «Sept ans, ça suffit», slogan d’une manifestation à Alger pour faire cesser les dissensions entre combattants algériens après l’indépendance) Il y a eu la crise de l’été 62. Les clans qui se déchiraient pour le pouvoir. Mohamed Harbi, qui était conseiller de Ben Bella, dit que la décision a été prise assez vite. Comment créer un mythe guerrier ? Un film, un grand film.

Et Yacef Saâdi avait son projet adapté de ses mémoires. Le pouvoir avait compris l’urgence d’unifier le peuple autour d’un élément fédérateur, autour d’une bataille. Il fallait faire un film. Très vite. Le film a aidé à apaiser aussi. A éviter le spectre de la guerre civile. Le tournage a eu lieu à Alger dans la période la plus trouble d’après l’indépendance. L’Etat avait mis de très gros moyens financiers et militaires. Les coproducteurs italiens n’étaient pas chauds pour ce film au départ.

Alors les Algériens ont annoncé qu’ils finançaient presque à 80%! Mais je ne connais pas la part exacte du contrat signé avec le producteur italien Muso. Les Italiens ont financé les laboratoires, le montage, l’équipe technique, la pellicule, etc. Il semble que la grosse partie du budget a été assumée par les Algériens.

Il y a un moment troublant dans votre film où l’historien Daho Djerbal affirme que la Bataille d’Alger c’est «le regard de l’autre sur nous». Cela va à l’encontre de tout ce que vous montrez, non ?

Ce n’est pas que ça contredit, mais ça amorce ce qui vient derrière. Daho Djerbal dit qu’on ne distingue plus la limite entre réalité et fiction parce qu’au niveau international il y a le regard de l’autre sur nous. Aujourd’hui encore, on est toujours censé montrer à la face du monde l’image du peuple valeureux et révolutionnaire. C’est ce qu’il veut dire à mon sens. Et je trouve cela très fort. Ailleurs, Jamal Joseph des Black Panther dit que son mouvement a emblématisé cette révolution. Ils espéraient un régime socialiste avec l’égalité des sexes, la liberté religieuse…

Très vite ils ont compris que non. La femme, partie prenante de la Révolution, a été reléguée au second rôle avec le Code de la famille et tout ce qui s’en suit. C’est un peu «grandeur et décadence» cette histoire-là. C’est ce que voulait affiner Daho, je pense. Le regard de l’autre sur soi n’est pas aussi simple. L’autre peut nous amener à nous idéaliser sans trop nous poser de questions, sans aller dans la critique. C’est une jolie phrase je trouve. Elle permet d’amorcer sur l’aspect paradoxal de ce mythe. Comment se débarrasser du regard de l’autre ?

Vous ne mettez pas en avant votre vision personnelle de la Bataille d’Alger, mais votre film s’ouvre et se ferme sur des images de l’Algérie actuelle et de sa jeunesse. Une façon d’articuler le mythe sur le présent ?

Mes assistants m’ont appris qu’il y avait quelqu’un qui organisait des visites de La Casbah à partir de l’histoire et des lieux filmés. J’ai trouvé ça génial. Il a eu une très belle idée, mais il n’avait pas de moyens. Il imprime les images du film sur Youtube et il reprend les ruelles et les dédales de La Casbah, les maisons, etc. J’ai trouvé que ce jeune qui donne à voir sa Casbah, qui, il faut le signaler, est complètement à l’abandon, pose la question de la transmission. Et puis c’est la meilleure façon de rentrer dans le décor. J’aime dans mon cinéma dire : attention, je ne suis pas un enfant de La Casbah.

Je vais vous raconter l’histoire de ce film mais je ne suis pas natif de ces lieux, j’y rentre un peu par effraction et puis j’accompagne le spectateur. Je pense au spectateur algérien, mais aussi au spectateur international. Je le fais entrer dans un lieu et lui présente en douceur les éléments de l’histoire.

C’est dire aussi qu’il y a encore des jeunes qui croient en un idéal, celui du film, mais qui font la visite dans une Casbah délabrée. Le pauvre guide n’y est pour rien évidemment, mais ça exprime une contradiction : montrer la grandeur d’une bataille dans un décor politiquement abandonné. A la fin, c’est le même procédé avec le rappeur Farid Diaz.

Il a écrit une chanson très belle sur La Bataille d’Alger avec des paroles explosives. Quand j’ai écouté ça j’ai dit : c’est le commentaire de la fin. Pas besoin de chercher plus loin! Quand je l’ai interrogé sur cette chanson il m’a dit que, dans les quartiers populaires d’Alger (et d’ailleurs probablement) La Bataille d’Alger donne du courage. Mais un courage pour aller vers quoi ? Il m’a parlé de ce désir révolutionnaire et puis de la réalité déprimante.

Et il l’exprime très bien dans sa chanson. C’est une analyse très juste, très fine qu’il donne : vous nous avez offert un pays et une liberté grâce à votre courage, mais nous on crève dans ce pays indépendant. L’idéal de liberté, c’est le rêve d’une jeunesse moderne ouverte sur le monde, mais notre jeunesse est enfermée dans les quartiers dans la saleté et le désespoir. Je termine sur cette notre d’amertume.
 

Le film raconterait donc en creux cette distance entre le mythe et la réalité actuelle ?

C’est même un fossé! On a d’une part ce film explosif et culte et de l’autre les lieux de décor (et ceux des batailles) totalement abandonnés. Comme si on se mentait. Comme si cette révolution n’était que théorique. Allez voir le musée d’Ali la Pointe. C’est une seule pièce avec même pas des photos mais des photocopies de photos. Alors qu’il y a de quoi faire un musée extraordinaire avec les traces mêmes des bâtiments éventrés restés tels quels… Le peintre Ahmed Benyahia en a touché un mot lors du débat à l’avant-première. Il n’y a aucune notion de mémoire.

Et la jeune génération est complètement perdue par rapport à ça. Moi-même j’ai grandi dans ce mythe et puis quand on gratte un peu, on voit que tout s’effrite. Il y a un problème. Comment on peut construire notre avenir à présent ? Comment avoir un imaginaire sain ? Comment faire de l’art ? C’est pour ça qu’il n’y a plus de bon cinéma de guerre, et qu’on a du mal à faire exister artistiquement la Révolution. On a tout enfermé entre ces histoires qui sont trop emblématisées je pense. Il manque assurément une pédagogie de l’enseignement de notre décolonisation, auprès des jeunes surtout.
 

A vouloir rejeter la manipulation du mythe, ne risque-t-on pas de jeter le bébé avec l’eau du bain ?

Surtout pas! Dans mon documentaire je dis : regardez ce magnifique film, regardez toute son histoire et regardez ce que deviennent les lieux de cette épopée. La Casbah est le cœur de la ville. Ce cœur est malade et on ne lui apporte aucun soin. On le laisse mourir à petit feu. Je parle de La Casbah d’Alger, mais de toutes les casbahs qui portent l’histoire du pays.

C’est un laisser-aller historique. Je ne jette pas tout à l’eau. Absolument pas. Les jeunes se réapproprient totalement le mythe. Mais il y a aussi de la tristesse et de l’amertume. Les gens n’y croient plus. C’est ça qui est terrible. Avec de l’excès de nationalisme, et sans se préoccuper de mémoire vraie, on arrive à pousser les gens à rejeter leur propre histoire ou à s’en détourner. Et ça c’est encore plus dangereux.

Repères :

La Bataille d’Alger, un film dans l’histoire est le dernier documentaire de Malek Bensmaïl. Durant près de deux heures, sur une bande son signée Karim Ziad, le documentariste y raconte la vie de ce film unique au monde. Bensmaïl revient sur le tournage de La Bataille d’Alger, sa réception mouvementée et ses usages inattendus dans diverses parties du monde et de l’histoire. Des témoins-clés défilent devant l’écran et racontent leur version du film. Entre membres de l’équipe et spectateurs historiques, on va d’Alger à New York en passant par Rome et Paris. L’on se rend compte avec ce documentaire, que l’école néoréaliste à laquelle se rattache le réalisateur Gillo Pontecorvo porte très bien son nom. Son film, réalisé en 1965, servira à plusieurs reprises d’outil d’entraînement et d’analyse pour mener une guerilla urbaine, ou la mater. Bensmaïl questionne aussi l’actualité de La Bataille parmi des jeunes Algériens. S’il n’utilise pas les images du film, faute de droits, Bensmaïl rejoue les scènes, 60 ans après, dans le décor délabré de La Casbah d’Alger. Enthousiaste et instructif, le documentaire pose aussi beaucoup de questions...
Né en 1966 à Constantine, Malek Bensmaïl est un des rares réalisateurs algériens dévoué au film documentaire. Se définissant lui-même comme «documentariste engagé», il œuvre à capter les images de l’Algérie contemporaine à travers différents primes. On lui doit notamment Boudiaf, un espoir assassiné (1999), Aliénations (2004) sur la maladie mentale, La Chine est encore loin (2010) tourné dans une école, ou encore Contre-pouvoirs (2015) au cœur de la rédaction d’El Watan… La Bataille d’Alger, un film dans l’histoire, sélectionné dans plusieurs festivals internationaux, est déjà lauréat du grand prix du Festival international cinéma et histoire de Taroudant. Une programmation publique du documentaire La Bataille d’Alger, un film dans l’histoire est annoncée par le distributeur algérien (ONCI). Elle aura lieu le 8 mai à 17 h à Oran (Saâda), Constantine (Ahmed Bey), Alger (El Mougar) et Boumerdès (Issers), et à 18 heures à la salle Atlas (Alger) et Kherrata à Béjaïa. En espérant d’autres projections régulières…

Walid Bouchakour
 
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