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Le rôle des femmes européennes dans le terrorisme

Un «degré de radicalité» supérieur à ce qu’on imaginait

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le 15.05.18 | 12h00 Réagissez


Lyon
De notre correspondant

Le quotidien Le Monde, qui a eu connaissance de ce rapport, en publie les conclusions essentielles. En lisant cet article, on est frappé par les erreurs des suppositions qu’on pouvait se faire sur les femmes parties au combat en Irak ou en Syrie au nom du djihad. L’idée générale, ces dernières années, était souvent de considérer que ces femmes suivaient leurs époux et qu’elles jouaient un rôle de second plan. Après examen des dossiers par les services judiciaires français, le couvercle a été levé sur des femmes dont le «degré de radicalité» est supérieur à ce qu’on imaginait.

Déjà en 2016, lorsqu’un groupe de femmes a été pris presque en flagrant délit de préparation d’un attentat du côté de la cathédrale Notre-Dame de Paris, la police et les juges ont commencé à changer leur regard et ont peaufiné leur examen de plus près. Le dossier qu’a réalisé la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG), une direction centrale du ministère de la justice, destinée aux magistrats, et dont Le Monde publie des éléments probants, donne des chiffres : «La proclamation du califat, en juin 2014, a été à l’origine d’un ‘‘mouvement inédit’’ de migration de femmes occidentales désireuses d’intégrer une entité terroriste. Au 19 janvier, les services comptabilisaient 298 Françaises ayant rejoint l’EI, soit près de la moitié des 676 adultes recensés sur zone (ces chiffres ne tiennent pas compte des nombreux décès survenus ces derniers mois).

Sur les 72 femmes rentrées en France, 26 sont mises en examen – dont 15 en détention provisoire – et six ont été jugées». Cela a permis de mieux comprendre et de se rendre compte que «la plupart des ‘‘muhajirat’’ interrogées à leur retour expriment une ‘‘adhésion idéologique assumée’’ au projet djihadiste.

Elles décrivent leur engagement comme un mouvement simultané d’‘‘aversion’’ pour l’Occident, de victimisation et d’attraction : le ‘‘califat’’ leur apparaît comme un moyen de vivre leur foi ‘‘délivrée de l’oppression occidentale’’, et comme une perspective d’accomplissement dans un projet sociétal idéalisé». Il s’agit, souligne la DACG, de satisfaire «la promesse d’une vie en communauté est associée à la possibilité d’accéder à un refuge identitaire, où le rôle de chacun contribuerait à la construction d’un idéal de solidarité sociale, conforme aux préceptes de l’islam. La recherche de sororité ou de camaraderie féminine est régulièrement mise en avant dans le cadre de la construction d’un projet sociétal de réunification des musulmans.»

Vingt-deux Françaises impliquées dans douze projets d’attentat

Même sur la violence, la spécificité présumée des femmes vole en éclats : «Interpellée à son retour en France, l’épouse d’un combattant français avait ainsi confié, sans manifester le moindre remords, avoir montré à ses deux enfants d’une dizaine d’années une vidéo mettant en scène un groupe de djihadistes, dont leur propre père, exécutant un prisonnier au lance-roquettes».

Si les femmes ne combattent pas, «certaines ont cependant pu jouer un rôle opérationnel au sein de la police islamique, la ‘‘hissbaa’’, qui pouvait appliquer des sanctions allant jusqu’à la flagellation. Une Française a reconnu en audition avoir exercé de telles fonctions». Cependant, souligne Le Monde, «adaptant l’orthodoxie idéologique à ses difficultés militaires du moment, l’EI a lui-même récemment appelé, dans l’hebdomadaire Al-Naba du 5 octobre 2017, les femmes à rejoindre les hommes sur le champ de bataille. Plus récemment, le 8 février, une vidéo intitulée «Inside the Khilafah» montrait pour la première fois des femmes au combat.

«La forme que cet appel à la mobilisation est susceptible d’emprunter est étroitement prise en compte dans l’évaluation de la menace terroriste en France», note la DACG.

Le journal Le Monde publie également dans la même édition (les 6 et 7 mai), un décompte des attentats dans lesquels des femmes ont participé depuis 2014 en Occident : «En lien ou non avec un donneur d’ordre, en couple ou entre femmes, vingt-deux Françaises (dont neuf mineures et autant de converties) ont été impliquées dans douze projets d’attentat depuis la proclamation du ‘‘califat’’ en juin 2014», selon un décompte réalisé par Le Monde. «Toutes ont été arrêtées et pour certaines jugées. A une exception près, aucune n’avait effectué de séjour en zone irako-syrienne».

Walid Mebarek
 
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