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Municipales tunisiennes : Lutte acharnée entre Nidaa Tounes et Ennahdha

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le 16.04.18 | 12h00 Réagissez

La campagne électorale pour les municipales du 6 mai 2018 a été lancée avant-hier dans les 350 circonscriptions du territoire tunisien et s’achèvera le 4 mai prochain. La lutte s’annonce acharnée, notamment entre Nidaa Tounes et Ennahdha, les deux grands partis au pouvoir.

Nidaa Tounes et Ennahdha, les deux alliés dans le gouvernement d’union nationale, semblent les mieux placés dans ce scrutin municipal intermédiaire, à 18 mois des élections générales de l’automne 2019. Ce sont les deux seules formations présentes dans la quasi-totalité des 350 circonscriptions, très loin devant les autres partis et coalitions prétendues nationales.

Ces deux formations totalisent, à elles seules, 696 listes candidates parmi les 1214 présentées par les partis et les coalitions, soit 57,3%. Il y a, en plus des 1214 listes partisanes, 860 listes indépendantes, pour occuper 7177 sièges dans les 350 municipalités.

Si le coup d’envoi de la campagne électorale se ressentait dans plusieurs localités, les listes  annonçant déjà, tambours battants, leur candidature, il se voit clairement que le poids électoral n’est pas le même chez les uns et les autres. Et si les islamistes d’Ennahdha étaient déjà donnés favoris, par tous les observateurs, eux qui étaient les seuls à défendre sa tenue avec acharnement, c’est Nidaa Tounes qui crée la surprise sur le terrain.

Bien que le parti du président Béji Caïd Essebsi ne dispose pas de locaux, il renaît de ses cendres à la veille de ces élections et s’annonce comme un poids lourd pouvant tenir tête aux islamistes. Il est vrai que Nidaa Tounes bénéficie de la présence de certains ministres, qui ont participé activement à ce début de campagne, comme la ministre de la Jeunesse et des Sports, Majdouline Cherniou et celui de la Culture, Mohamed Zine El Abidine.

Prétendants classiques

La même stratégie a été adoptée par le mouvement Ennahdha qui a misé, quant à lui, sur l’ouverture pour convaincre les citoyens récalcitrants par rapport aux islamistes. Dans ce cadre, le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, a annoncé, lors de l’ouverture de la campagne électorale de son parti dans la circonscription de Tunis 1, que 54% des candidats présentés sur les listes d’Ennahdha aux élections municipales étaient des indépendants.

«Je salue le rôle des indépendants ou plutôt ceux que j’appelle les nahdhaouis indépendants, car ils représentent la plus importante valeur ajoutée à ces municipales. Cela vient prouver qu’Ennahdha n’est pas un mouvement réactionnaire et n’a pas perdu sa popularité, contrairement aux rumeurs visant à saper le moral des adeptes de ce parti», a-t-il annoncé.

Ghannouchi a rappelé que son mouvement a ouvert ses listes à des indépendants, en leur accordant 50% des sièges. Il a précisé que l’affluence de ces indépendants était plus grande que prévu. «Cela veut dire que le peuple aime Ennahdha et 54% de nos listes sont composés d’indépendants», a conclu Rached Ghannouchi.

Opposition faible

En dehors des mastodontes, Nidaa Tounes et Ennahdha, aucun autre parti ou coalition n’a représenté plus de 126 listes (Front populaire). Cette coalition de gauche radicale n’est pratiquement présente que dans le tiers des circonscriptions. De là à dire qu’il n’y a pas de parti national d’opposition, il n’y a qu’un pas que plusieurs observateurs ont déjà franchi.

«La centrale syndicale, UGTT, est l’unique force exerçant le contrôle du pouvoir, et disposant d’une dimension nationale», n’a cessé de répéter le député Walid Jalled, parmi d’autres. L’UGTT fait pourtant partie de l’accord de Carthage, socle du gouvernement d’union nationale de Youssef Chahed, tout comme Nidaa Tounes et Ennahdha.

L’opposition est donc faible. Cela a été observé dans le lancement de la campagne électorale des municipales. Il y a également un risque de forte abstention, comme l’annoncent les sondages d’opinions qui la placent aux alentours de 50%. Sur le terrain, il a été remarqué, par exemple, qu’entre les citoyens de Sidi Daoud, un quartier populaire près de La Marsa, et les candidats aux élections municipales, le courant ne passe pas.

En effet, une photo publiée, avant-hier, sur les réseaux sociaux montre les affiches des candidats aux municipales à Sidi Daoud entièrement déchirées ! Cela traduit l’amertume observée ces derniers temps à cause des promesses non tenues des politiques. Les relations entre les citoyens et les dirigeants de partis risquent d’être compliquées pendant cette campagne.

Sellami Mourad
 
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