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Pourquoi Pyongyang s’est empressé de négocier avec Washington

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le 13.06.18 | 12h00 Réagissez

La promesse faite par le leader nord-coréen Kim Jong-un en avril dernier d’œuvrer à «la construction économique socialiste».

Cette annonce est perçue par des analystes comme le prélude à des réformes ou à une libéralisation à petites doses. M. Kim a-t-il l’intention de suivre l’exemple chinois ? C’est ce qui semble se profiler à l’horizon. Tout comme le Vietnam, la Chine a embrassé le capitalisme sans hypothéquer le parti unique. Et même en le consolidant puisque la plus grande prospérité a conforté le pouvoir. Du sur-mesure pour Kim Jong-un ! En réalité, la Corée du Nord a commencé à changer depuis son arrivée au pouvoir en 2011. Kim Jong-un a très vite compris que son pays ne pouvait pas aller loin s’il ne revoyait pas son modèle économique. Plombée par des décennies de mauvaise gestion et la chute de l’Union soviétique, l’économie étatique nord-coréenne s’est complètement effondrée. Le pays ne produit pratiquement rien. Même dans les années sans sécheresse, plus de 40% de sa population souffre de sous-alimentation, selon l’ONU.

En 2016, le salaire moyen était 20 fois supérieur au Sud, selon les statistiques sud-coréennes. Les 25 millions de Nord-Coréens n’ont aucun accès aux télévisions étrangères, à internet ou à de simples communications téléphoniques avec l’étranger. Même avec leurs portables. Pour changer la donne, le jeune leader nord-coréen a commencé par fermer les yeux vis-à-vis du commerce informel. Le régime tolère désormais de plus en plus les initiatives privées et la prolifération de petits entrepreneurs faisant commerce de produits alimentaires ou de biens arrivant de Chine. Il a réussi à créer une petite classe moyenne. L’usage des devises étrangères est devenu croissant en Corée du Nord. En 2016, l’économie nord-coréenne a connu sa plus forte expansion, selon la Banque centrale sud-coréenne. Mais cette tendance pourrait pâtir de l’intensification des sanctions internationales.

Pour Pyongyang, le dossier de la levée des sanctions est une question de survie. C’est cette donne qui a d’ailleurs poussé Kim Jong-un à accepter de s’asseoir à la table des négociations et de rechercher un compromis avec les Etats-Unis sur la question de son arsenal nucléaire. Le dirigeant nord-coréen sait qu’il a un bon coup à jouer, surtout que la Corée du Nord est très riche en ressources naturelles et notamment en minéraux. Fer, or, magnésite, zinc, cuivre, molybdène, craie… ne sont que quelques-uns de ces minéraux dont le pays regorge. En tout, il y en aurait près de 200 sortes, dont des métaux rares, qui entrent comme composants dans les appareils électroniques de haute technologie. Selon deux évaluations de deux organisations sud-coréennes, la valeur totale de ces réserves serait comprise entre 6000 et
10 000 milliards de dollars. De quoi permettre à la Corée du Nord de rattraper tous ses retards et de devenir même un nouveau dragon.

 

Zine Cherfaoui
 
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