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Le bilan du wali présenté à l’APW de Béjaïa

Au-delà des chiffres…

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le 15.04.18 | 12h00 Réagissez

 
	Les élus ont débattu d’un bilan qui ne les convainc pas.
Les élus ont débattu d’un bilan qui ne les convainc...

L’Assemblée populaire de wilaya de Béjaïa a vécu mercredi dernier une première session qui, bien qu’ordinaire, avait tout de particulier.

Outre qu’elle  s’est déroulée dans une sérénité envieuse, il y a lieu de noter que c’est pour la première fois qu’elle a traité du bilan d’un wali qui, au moment même de la session, est dans ses nouvelles fonctions de ministre de la Jeunesse et des Sports.

Ce qui devait être la communication annuelle, la première de-puis quatre ans, du wali sur les activités de la wilaya, a finalement été faite par le directeur de la planification (DPAT) sous la tutelle du SG de la wilaya, wali intérimaire, en attendant que soit désigné le remplaçant de Mohamed Hattab, le wali promu.

Le rapport, un concentré de chiffres gros de 164 pages, a été distribué aux élus, ignorant les journalistes. Si les premiers ont été noyés dans des taux et des montants, les seconds n’ont pu que saisir quelques chiffres au vol, dont celui des 131 opérations gelées, équivalant à 30,7 milliards de dinars.

Les élus, de toutes les tendances, ont unanimement critiqué ce bilan de 2017 pour son insuffisance et son encombrement. Aucune voix n’y a trouvé motif à satisfaction, malgré son épaisseur. «Le seul taux qui avoisine les 100% est celui du pénitencier d’Akbou, qui est à 98%», a fait remarquer Berkat Bachir (FFS).

Et à son camarade, Tahar Belkhir (d’obédience UDS, non agréé), d’affirmer qu’«on ne nous donne des échéances que pour les élections et les prisons». Bien des répliques ont trempé dans la satire et le réquisitoire. «Les terrains agricoles sont dégagés facilement pour les projets de casernes et de prisons», ajoute Djamel Benyoub du RCD. Ironiques ont été des élus qui ont estimé, qu’à travers ce bilan, ils ont voyagé dans un pays qu’ils n’ont pas reconnu comme étant le leur.

Coquilles vides

Au chapitre de l’hydraulique, les «réalisations de 2017» énumèrent 11 forages, 8 km d’adductions, 99 km réhabilités… Elles s’ajoutent aux promesses des différents walis de permettre une alimentation en H/24, sauf qu’à ce jour, l’eau est une denrée rare, y compris dans la ville de Béjaïa, alimentée pourtant par deux sources.

Les infrastructures rou-tières aussi ont leurs chiffres pompeux, avec la «réhabilitation et le ren-forcement» de près de 60 km de routes, la réalisation de 10 km de la pénétrante autoroutière qui était à «60%» d’avancement à fin 2017…

Outre des routes saturées ou dégradées, la situation est faite de chantiers qui accumulent des retards réels, dont celui de la pénétrante, mais aussi celui de l’échangeur des Quatre chemins, annoncé pour être réceptionné à la fin du mois en cours, ce qui ne risque en aucun cas d’arriver.

Concernant la santé, on a comptabilisé la réalisation de quelques projets. En revanche, rien n’est communiqué sur le projet du CHU, maintenu gelé malgré les rumeurs sur son éventuel dégel.

Dans le rapport de la DPAT, se sont mêlés des chiffres d’infrastructures qui existent comme des coquilles vides. 207 salles de soins y sont comptabilisées. «Mais de quels équipements disposent-elles ?» s’est demandée Farida Boutaghene, du FFS.

Mabrouk Azibi, du même parti, en sa qualité de président de la commission Education et Enseignement supérieur, fait le constat du non-achèvement de projets et de structures réceptionnées mais non fonctionnelles, comme le technicum de Sidi Aïch, le CEM d’Akfadou et le campus d’Amizour. A cela s’ajoute la surcharge des classes, atteignant parfois le seuil de 52 élèves (école Russel). Concernant le gaz, le taux officiel de couverture est de 57%.

«A Sétif, c’est 98% !» s’est exclamé Djamel Benyoub, suggérant des disparités régionales. Pour le logement, la crise est réelle et des élus estiment que les quotas restent «insignifiants». «Au minimum, il y a dans chaque commune 1000 demandes pour le logement rural», estime Youcef Boukoucha (FFS). Son camarade, S. Maïbeche, avance des chiffres parlants : 1143 logements à l’arrêt, plus de 2000 non lancés (2004-2009)…

Commune de Boudjellil sans APC, ZET non lancées, voie ferrée non dédoublée, non-extension du port et de l’aéroport, stade de 45 000 places gelé, 144 structures en amiante non éradiquées, gisement de zinc de Tala Hamza plombé, stations d’épuration, CET…les lacunes sont nombreuses et des élus ont même regretté l’absence de vision globale et d’avenir.

«Quelle solution de relance ?», a demandé Nacer Tabet (UDS), avant que Assam Yahia (FFS) ne dise son sentiment qu’ «on navigue à vue». A vue et surtout en rond.

De la «cagnotte» de Bedoui :

La dernière visite du ministre de l’Intérieur, Nourredine Bedoui, dans la wilaya a-t-elle été positive ? «Oui», avait répondu le président de l’APW à une question d’El Watan.

Le «bénéfice» de cette visite tient à l’enveloppe de près de 10 milliards de dinars qui a été accordée à la wilaya. Si la somme est bonne à prendre, voilà pourquoi il n’y a pas de quoi pavoiser :

D’abord, et selon la ventilation qui en a été faite, les «1000 milliards de Bedoui» sont destinés à des opérations de «rattrapage» : prise en charge de dépenses de fonctionnement de la garde communale, subventions relatives à des postes budgétaires de 2014, alimentation de cantines scolaires et équipements pour les centres de biométrie.

La tranche destinée pour les «programmes de développement local» est répartie par les autorités centrales qui ont favorisé El Kseur, à qui on a octroyé un quart du montant global (plus de 2 milliards de dinars).

La cinquantaine de communes qui restent se partagent les sept milliards restants pour la grosse faim de développement qu’elles ont.

Ensuite, il faut savoir qu’en 2017 le taux de consommation des crédits a été de 74%. On n’a pas pu débourser cinq milliards de dinars, qui sont restés dans les caisses centrales d’Alger.

Sur les 10 milliards de la «cagnotte», la moitié donc n’a fait que revenir dans les valises du ministre. K. M

Kamel Medjdoub
 
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