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Joueurs et légendes du football algérien

Ahcène Lalmas : le meilleur, le plus fort de tous

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le 13.06.18 | 12h00 Réagissez

Ahcène Lalmas, le meilleur joueur algérien de tous les temps, a marqué l’histoire du ballon rond en Algérie.

Celui que le sondage effectué par Echibek en 1993 a consacré comme le «footballeur du siècle en Algérie» est un témoin privilégié de l’évolution du ballon dans notre pays. Ahcène Lalmas a vu le jour le 12 mars 1943 au quartier «Carrières» à Birmandreis, juste en face du stade communal qui porte le nom de Iguer, un grand sportif.

Son histoire avec le ballon a débuté lorsqu’il avait 5 ans (1948) à l’occasion d’interminables parties de foot avec ses petits amis du quartier. A l’époque, l’Algérie était plongée dans le combat libérateur contre le colonialisme français.

A l’école communale, le prof de sport (Zatara) a rapidement remarqué l’habileté balle au pied du petit Ahcène. Il l’intégra dans l’équipe de football de l’école pour participer aux matchs inter-établissements. Il formait avec son ami d’enfance El Hadi Aoun un duo de joueurs remarquable. A 12 ans, ils se retrouvèrent dans l’équipe de football de Hydra.

Une année plus tard, ils jouèrent en minimes au GS Hydra.
En 1956, alors qu’il avait 13 ans, il a mis entre parenthèses sa juvénile carrière suite à l’appel du FLN qui a recommandé aux clubs musulmans et à leurs joueurs de cesser toute activité au sein des ligues.

Les footballeurs algériens non structurés se tournèrent alors vers les matchs inter- quartiers. Ahcène Lalmas jouait à l’époque avec l’équipe de la colonne Voirol, constituée de jeunes qui se retrouvaient chaque jour dans ce quartier situé juste à la périphérie du quartier européen de Hydra. De 1956 à 1960, cette équipe de quartier a fait parler d’elle à la faveur des innombrables matchs gagnés durant cette période.

Rapidement, le nom de Lalmas était sur toutes les lèvres. Les Algérois se déplaçaient de tous les quartiers de la capitale pour aller voir le jeune prodige. A 17 ans, il dominait partenaires et adversaires. En 1958, sa famille quitta Birmandreis pour s’installer au quartier Appreval à Kouba. Il alternait les matchs avec ses amis de la colonne Voirol et d’Appreval.

Au début de l’année 1961, il avait alors 18 ans, les matchs de quartier étaient au centre de l’intérêt de responsables politiques de la capitale qui ont alors jeté les bases de la prochaine réactivation des clubs musulmans. Des footballeurs de renom, plus âgés que Lalmas, prenaient part aux rencontres disputées sur des terrains vagues à Alger et sa périphérie. Lalmas continuait d’être l’attraction de ces rendez-vous hebdomadaires organisés au centre, à l’est et à l’ouest de la capitale.

Lorsque le cessez-le-feu a été proclamé le 19 mars 1962, les clubs qui étaient en sommeil depuis 1956 s’activèrent pour être prêts le jour J, celui de la reprise des compétitions sous l’égide de la Fédération algérienne de football. Les dirigeants de l’OMR ne perdirent pas de temps pour faire signer Lalmas, aidés il est vrai par l’enfant du Ruisseau et joueur de l’équipe du quartier Achour Ouahdi qui leur a recommandé de prendre Lalmas.

Ils ne le regrettèrent pas. Il a réalisé une saison (1962-1963) de toute beauté. C’était la première post-indépendance. Il a marqué beaucoup de buts, 14 lors du match de championnat contre Birtouta le 28 octobre 1962 (3e journée). Le 6 janvier 1963, il participe au match Algérie- Bulgarie olympique (2-1), le premier match officiel de l’Algérie indépendante. Il a 19 ans et 10 mois. Kader Firoud l’a titularisé d’entrée.

En novembre 1964, il marque un but à Lev Yachine, le gardien de l’URSS et Ballon d’or France Football 1963 (2-2). Quelques mois plus tard, il rejoint le CR Belouizdad et asseoit son rang de meilleur joueur algérien. Il achèvera sa carrière avec l’un des plus beaux palmarès du football algérien. 4 fois champion d’Algérie avec le CRB (1965-1966-1969-1970), vice-champion en 1972, 3 fois vainqueur de la coupe d’Algérie (1966-1969-1970), 3 doublés (1966-1969-1970), 3 coupes du Maghreb (1970-1971-1972). Il totalise le plus grand nombre de buts marqués par un joueur en un match en coupe d’Afrique des nations (3 buts lors du match Algérie- Ouganda 4-O CAN 1968), détient encore le record de buts inscrits par un joueur en finales de coupe d’Algérie (6 buts en 3 finales), sans oublier les 176 buts marqués durant sa carrière.

Un livre ne suffirait pas à raconter la fabuleuse carrière de ce très grand joueur qui un jour, lors du jubilé Frantz Fanon à Blida, a fait se lever le président Ahmed Ben Bella après un but magnifique — son 4e  — de la large victoire de l’OMR contre l’USM Blida. De nombreux clubs européens voulaient le recruter (Nîmes, Toulouse, Anderlecht, Marseille, Bruges) mais à chaque fois, les autorités ont refusé de le laisser partir à l’étranger.

Tous les entraîneurs qui l’ont eu sous leur coupe, Khabatou, Ahmed Arab, Ahmed Zitoun (en clubs), Khabatou, Firoud, Ibrir, Leduc, Bentifour, Zouba, Saïd Amara , Makri (en sélection) et les joueurs qui l’ont côtoyé durant sa carrière s’accordent sur une chose : il était le meilleur, le plus fort et le plus grand de tous.

A 75 ans, depuis longtemps éloigné du football, il s’est retiré sous sa tente et a coupé les ponts avec le football.

 

Yazid Ouahib
 
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